J’ai craqué pour Austra, un groupe découvert récemment, notamment grâce aux articles très intéressants de mon ami blogueur espagnol el gatokilo.
Austra est un groupe canadien originaire de Toronto, courant 2011 ils ont sorti leur premier album Feel it Break. Il s’agit d’un trio electropop composé de Katie Stelmanis au chant, Maya Postepski au percussions et de Dorian Wolf bassiste. Katie, la chanteuse à débuté dans la musique très jeune dans une configuration classique et opéra, cela s'entend et c’est ce qui donne à Austra son cachet et son originalité.
On peut dire sans équivoque qu'Austra, comme de très nombreux jeunes groupes : Ladytron , The chromatics, The golden filter etc… a de fortes influences new wave, mais apporte une nouvelle fraicheur et jeunesse à ce genre souvent décrié par les ayatollahs du dogme rockn'rollien. Japan, Visage, Depeche mode ou Omd bénéficient de dignes héritiers, pour ce qui est d’Austra , la belle et envoutante voix de la chanteuse y est pour beaucoup. La signature vocale de Katie est aussi marquée que celle de Kate Bush ou Lene Lovich et sa formation classique lui permet des variations et des vocalises que l’on ne retrouve pas souvent dans ces nouveaux groupes dont les chanteuses possédent des voix légères et aériennes mais souvent assez linéaires.
Une majorité de gens dénigrent joyeusement la musique électronique, et mélangent tecno, new-wave ou tout autre utilisation du synthé dans un groupe pop-rock. Pour beaucoup le synthé est l’instrument du diable, froid, artificiel et technologique par opposition à la guitare, batterie ou autres instruments plus classique. Pour ma part je considère bien au contraire que les synthétiseurs apportent toute une infinité de sentiments ou émotions que les intruments traditionnels ne peuvent transcrire. Chacun sa sensibilité, mais je vois parfois les anti-synthé primaires comme les accros du clavecin qui ont vu débarquer le piano, les afficionados de la guitare séche qui considérent une guitare electrique comme un objet de torture pour les oreilles ou les gardiens de la peinture académique qui se moquaient des impressionnistes. Je dévie, je dévie et pour en revenir à Austra, leur son synthétique auquel est associé batterie et basse, enrobé de la voix de Katie et de touches de piano classique, fait vibrer ma sensibilité musicale. Leur album Feel it break posséde une couleur très mélancolique légèrement gothique qui emmène dans des contrés de rêves aux frontières de la féérie et de la fantasmagorie.
tracklist
01. Darken Her Horse
02. Lose It
03. The Future
04. Beat and the Pulse
05. Spellwork
06. The Choke
07. Hate Crime
08. The Villain
09. Shoot The Water
10. The Noise
11. The Beast
Mon morceau préféré (je l'écoute plusieurs fois par jour) est sans aucun doute Lose it. C’est, il me semble, le morceau le moins sombre le plus gai de l’album et sur lequell Katie se livre à de belles vocalises qui me rappellent dans un style différent la performance de Lene Lovich sur Bird song.
The Villain est mon second morceau préféré, il associe un son très puissant de synthétiseur, de basse et une rythmique entrainante dans un ambiance que je qualifierai de romantico-héroïque.
The future débute sur une ritournelle entêtante au piano classique et bénéficie d'une ambiance aérienne et mélancolique grâce à la voix de Katie.
Spellwork que je qualifierai le plus de new-wave vintage est le nouveau single. Le clip pour l'illustrer fait très amateur et arty et parfois cheap (le coup des fumigénes) bien loin des vidéo-clips méga-surproduits que l'on a l'habitude de voir, du genre Lady Gaga and co. Personnellement j'apprécie les deux qui apportent chacune un univers visuel trés particulier. Le clip d'Austra est cohérent par rapport au thème de la chanson et je vois plutôt ça comme une succession de tableaux étranges oniriques, ou alors ils avaient tous récoltés des champignons hallucinogenes dans la forêt. Quoi qu'il en soit Katie Stelmanis est une self-made jeune femme qui apporte beaucoup de créativité dans ce genre musical.
Beat the pulse, est le 2° single extrait de l'album. Je n'oublie pas non plus Darken her horse qui ouvre l 'album et qui est sans doute le morceau le plus joliment ténébreux du lot.
En définitive aucun morceau n'est à jeter et contribue à construire un univers musical très particulier.(Cagliostro)